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A 91 ans, l’ex-champion polonais Sobieslaw Zasada rattaque le Safari Rallye Kenya

Il a couru son premier rallye automobile en 1952, a décroché trois fois le championnat d’Europe il y a un demi-siècle, et voilà qu’à 91 ans, le pilote polonais Sobieslaw Zasada attaque jeudi le parcours extrême du rallye du Kenya, un défi inédit.

“La vie commence à 90 ans”, déclare le vieux maître à l’AFP, contacté au téléphone à quelques jours du départ, pour sa 9e participation à ce rallye mythique, qui fait cette année son retour au programme du championnat du monde après 19 ans d’absence. Et d’éclater d’un rire vif, blagueur et contagieux.

Auteur de nombreux livres et manuels sur la technique de pilotage automobile, toujours à la présidence du conseil de surveillance de son groupe – Zasada, qui oeuvre dans les secteurs automobile, immobilier et de mode de vie – il continue d’être classé parmi les plus grandes fortunes du pays, par le magazine Forbes.

“J’ai envie de voir à quoi cela ressemble aujourd’hui parce que ça a changé un peu par rapport aux rallyes d’antan. Les voitures sont meilleures, plus faciles à conduire, toutes des 4×4. La dernière fois, j’y ai participé avec ma femme (comme co-pilote) en 1997”, précise-t-il.

“Il faut que tu résistes!”

Le premier objectif est “d’arriver au bout” du parcours, insiste le doyen des pilotes, au volant de sa Ford Fiesta Rally3, dotée d’un moteur Ecoboost de 250 chevaux, adaptée par M-Sport Pologne.

Au long de sa carrière, il a fait environ 250 compétitions et en a remporté plus de 150. Il a été champion d’Europe des rallyes en 1966, 1967 et 1971, et triple vice-champion.

Pendant des années, il fut le seul pilote situé derrière le Rideau de fer à courir sous les couleurs de Porsche, Mercedes ou BMW.

M. Zasada se rappelle sa première compétition, à Cracovie, en février 1952.

“J’étais alors au volant d’une BMW 320, avec ma fiancée. On s’est marié en décembre de la même année”, raconte-t-il.

“A la surprise générale, nous avons gagné, nous qui étions novices dans la compétition!”, s’exclame-t-il jovialement.

Avec sa femme Ewa comme co-pilote, ils vont remporter ensemble plus de 50 rallyes différents.

“Et, si tout va bien, l’année prochaine on va fêter nos 70 ans de mariage”, souligne-t-il.

Au Kenya, Sobieslaw Zasada sera accompagné d’un collaborateur et co-pilote expérimenté, Tomasz Boryslawski.

C’est avec son épouse qu’il a fait le Safari de 1997, à bord d’une Mitsubishi Lancer.

“Le parcours était très difficile… Lors d’une montée sur du gravier, en troisième étape, j’entends d’un coup ma femme crier: “Mon amour, il faut que tu résistes!”. Je pensais qu’elle le disait à moi parce qu’on était déjà fatigué, mais non, elle s’adressait à notre véhicule!”, rit le vieux maître dont la condition physique et la résistance ont toujours été de fer.

En 1972, “mon safari le plus long a duré trois jours et nuits, plus de 6.400 km, avec dix heures de sommeil prévus au milieu. Avec les retards que tout le monde a accumulés, ce temps s’est réduit à trois heures. Finalement, le premier à l’arrivé, avait environ 9h18 de retard et nous, arrivés deuxième, une vingtaine de minutes de plus”.

“Tout a changé”

Avec la chute du communisme en 1989, Sobieslaw Zasada se convertit en homme d’affaires, devenant, entre-autres, représentant de Mercedes et Volkswagen en Pologne, et, petit à petit, s’éloigne de la compétition.

Il se lance dans la voile. En 2001, il remporte la course Palma de Mallorca-Cabrera, puis la Transatlantique ARC 2005, entre l’Europe et Sainte Lucie aux Antilles, sur son catamaran.

En rallye, “tout a changé depuis”, mis à part les routes et les températures au Kenya, fait-il remarquer.

“On roule en combinaison, casque, maillots, chaussettes et gants… Quand je pense au Safari de 1997, c’était comme si on avait fait avec ma femme une virée au mois de mai, on était la seule équipe en shorts et T-shorts. Aujourd’hui, c’est interdit. Il y a beaucoup de règles de sécurité”, sourit-il.

Mais ce qui préoccupe le plus M. Zasada c’est d'”apprendre à monter à bord de la voiture”.

“C’est comme monter dans une cage. Je dois m’entraîner pour faire ça plus vite.”

“C’est une question de psychologie personnelle. Sinon, il faut bouger, faire de la gymnastique, marcher, ne pas rester collé à la télé (…), chaque jour faire des exercices. Et puis le régime alimentaire pour empêcher le ventre de grossir”, souligne le nonagénaire, d’une voix ferme.

Et d’assurer: “je referai un rallye automobile quand j’aurai mes cent ans!”

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