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Essai – Jaguar I-Pace : Le félin s’électrifie

C’est en Afrique du Sud, plus précisément à Johannesburg, que Le Défi Moteurs est parti découvrir la nouvelle Jaguar I-Pace. Cette voiture est la première à motorisation électrique de la marque britannique et elle bouscule les codes.

C’est une auto électrique mais elle garde l’ADN des Jaguar à moteurs thermiques. C’est un SUV mais elle a des dimensions de berline. C’est un 4X4 tout-terrain mais avec des performances de sportives. La Jaguar I-Pace met une roue dans différentes catégories afin d’en tirer les avantages dans sa conception. Cette voiture n’a pas vraiment de concurrentes sur le marché mauricien. Elle doit tenter de séduire une clientèle haut de gamme qui attend des prestations de luxe sur un marché où les voitures électriques peinent à trouver preneurs. Le Défi Moteurs a mis le cap sur Johannesburg en Afrique du Sud pour tester cette nouveauté dans différentes conditions.

La Jaguar I-Pace a un look bien à elle. Évidemment, elle reprend les codes stylistiques de la marque britannique, notamment ceux des SUV Jaguar F-Pace et E-Pace. On retrouve donc la calandre de Jaguar. Le regard de la voiture est plus affirmé avec cette identité lumineuse dans des phares effilés. La calandre ne sert pas à laisser l’air entrer sous le capot, car la motorisation électrique ne nécessite pas de refroidissement. Mais cette calandre dispose d’une entrée d’air dont la sortie se trouve sur le capot, près du pare-brise. Ce système a un objectif aérodynamique. On sait que les voitures électriques ont besoin d’avoir le moins de résistance à l’air possible afin d’accentuer leur autonomie. D’autres entrées d’air sont placées de part et d’autre sur le bouclier avant afin de refroidir les freins. La dernière entrée d’air est la plus discrète, pourtant c’est peut-être la plus importante. Elle est placée en bas du bouclier juste sous la plaque d’immatriculation. Son rôle est de refroidir les batteries placées sous le plancher.

Mélange subtil

Sur les côtés, la Jaguar I-Pace mélange subtilement ses traits de berline et de SUV avec même une touche de coupé. Grâce au positionnement des deux moteurs électriques sur le train avant et le train arrière, les designers ont pu raccourcir le capot ce qui donne un look particulier à la voiture et présage une meilleure habitabilité que les voitures thermiques de mêmes dimensions. L’auto arbore des courbes qui lui donnent une impression de musculature. Ses jantes de 22 pouces soulignent l’aspect dynamique de la Jaguar. La taille imposante des roues tranchent avec la faible hauteur de la voiture qui ne mesure que 1,57 mètre de haut. Notons que la Jaguar I-Pace peut s’élever de quelques centimètres pour des meilleures capacités de franchissement. Nous y reviendrons.

Notons que pour un meilleur aérodynamisme, et aussi pour le style, les poignées de porte se rétractent automatiquement dans la carrosserie lorsque la voiture est verrouillée. Elles réapparaissent comme par enchantement dès qu’on déverrouille les portières. Finalement, c’est l’arrière de la voiture qui garde davantage les particularités stylistiques des SUV. La poupe est musclée avec des feux effilés comme à l’avant.

Comme on pouvait s’y attendre, l’habitabilité de la voiture est bonne. Les passagers avant et arrière ne manquent pas de place. Les sièges sont confortables. Le design de l’habitacle est digne de la marque Jaguar en termes de qualité. Voiture électrique oblige, l’intérieur se veut moderne. L’instrumentation est digitale à travers un premier écran placé derrière le volant. On trouve un second écran au milieu de la console pour l’info-divertissement et un troisième au dessous pour les réglages de la climatisation. Le toit panoramique de notre modèle d’essai offre une grande luminosité naturelle dans l’habitacle le jour, et des trajets sous les étoiles la nuit. Le volant est une réussite stylistique. La position de conduite n’est pas aussi haute que dans un SUV classique. On n’a donc pas cette sensation de dominer la route, ce que recherchent certains automobilistes. On se croit d’avantage dans une berline lorsqu’on est au volant.

L’essai de la Jaguar I-Pace débute par l’aspect dynamique. Pour cela, nous voici dans une large zone bitumée fermée à la circulation. Nous entrons dans le vif du sujet avec le départ arrêté. Il ne faut que 4,8 secondes pour passer de 0 à 100 km/h malgré les 2,2 tonnes de la voiture. Cette performance est notamment due à la motorisation électrique qui délivre instantanément les 696 Newton-mètres de couple et les envoie dans les quatre roues pour une meilleure motricité. Notons que les deux moteurs électriques développent conjointement 400 chevaux. La vitesse de pointe est bridée électroniquement à 200 km/h, mais la taille de notre zone fermée ne nous permet pas de vérifier cette donnée. Cependant, nous pouvons y tester le dynamisme en courbe de la voiture sur un enchainement de virages plus ou moins serrés. La faible hauteur de la voiture, la présence du poids des batteries dans le plancher, les quatre roues motrices et la fermeté des amortisseurs permettent à la voiture de virer à plat et de coller à la route. On se sent en sécurité en toutes circonstances.

Qui dit SUV dit capacités hors piste. N’oublions pas que Jaguar est la marque sœur de Land Rover, l’une des références mondiales du tout-terrain. Bien que la Jaguar I-Pace soit davantage destinée à la ville, ses quatre roues motrices et sa garde au sol réglable lui assurent de bonnes capacités hors des sentiers battus que ce soit sur la terre ou les rochers comme nous avons pu le constater sur un parcours. La voiture peut même franchir une rivière en toute sécurité. Les petits chemins non carrossés aux abords de Johannesburg qui mènent notamment aux nombreuses réserves de la région, ne lui font pas peur. Sur la route la voiture se montre confortable malgré les réglages fermes et les jantes de 22 pouces. Néanmoins, certains conducteurs trouveront l’ensemble un peu trop dur.

Autonomie de 460km
Jaguar annonce une autonomie de 460 km. Bien entendu, il est très difficile de faire une telle distance avec une seule recharge en conduite normale. Mais les batteries sont suffisamment performantes pour une utilisation classique au quotidien, notamment à Maurice où les longs trajets sont rares. En sus, un système de régénération électrique du freinage permet d’augmenter l’autonomie. Cet équipement peut être désactivé et il est réglable en trois niveaux, ce qui modifie l’intensité du frein moteur. On peut donc avoir un frein moteur important en descente ou dans les embouteillages ce qui recharge les batteries, et un frein moteur léger sur l’autoroute. Prévoyez un peu plus de 12 heures pour une recharge complète avec le chargeur mural de Jaguar à fixer dans son garage. Des super-chargeurs publics pourraient être installés dans des lieux publics à Maurice par le constructeur. Jaguar assure que les batteries de la Jaguar I-Pace ne perdront pas plus de 30 % de leur capacité de recharge avant 160 000 km.

La Jaguar I-Pace s’annonce comme la référence des voitures électriques haut de gamme à Maurice. Son design, son dynamisme, ses capacités hors-piste et son habitabilité sont ses principaux arguments de vente. L’image des voitures électriques à Maurice ainsi que son prix peuvent en faire par contre un produit de niche sur le marché local. La Jaguar I-Pace est en vente chez Axess à partir de Rs 4,644 millions.

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