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Essai – Porsche Taycan 4S : Électricité rime enfin avec sportivité

L’autonomie n’est plus le seul atout des voitures électriques. Le constructeur allemand Porsche a mis tout le monde d’accord avec la Taycan. Est-ce que cette auto électrique a hérité de l’ADN de Porsche en matière de sportivité et de design? Le Défi Moteurs vous répond avec cet essai de la Porsche Taycan dans sa version 4S.

Qui a dit que les voitures électriques sont toutes fades avec des performances bridées par les besoins d’autonomie? Certainement pas Porsche. Le constructeur allemand a récemment pris un tournant majeur dans son histoire avec la Taycan, sa première voiture 100 % électrique. Les puristes se sont inquiétés en se demandant si cette auto garderait l’ADN de la marque allemande en matière de sportivité et de design. Porsche a tout fait pour leur donner tort. Le Défi Moteurs a pris le volant de la Taycan dans sa version 4S pour tenter de savoir si le pari est réussi. Mais avant de l’essayer sur la route, rendez-vous à l’hôtel Hennessy Park, Ébène, pour découvrir cette auto dans ses moindres détails.

La Porsche Taycan ressemble beaucoup à un concept-car. Son design donne l’impression d’avoir fait un bond dans le futur, tout en gardant les traits d’une Porsche. On reconnaît l’esprit de la marque dès le premier regard, notamment grâce à ses optiques et son profil si caractéristiques. Les phares ne sont plus aussi ronds que sur la mythique 911, mais ils gardent leur galbe traditionnel ainsi que leur signature lumineuse. Le design de la voiture reste pur, sans extravagance. Mais le coup de crayon est marquant surtout à l’avant. La Taycan est plus longue qu’une 911, pourtant elle en conserve le style su niveau du profil avec, par exemple, le toit fuyant vers l’arrière. Les jantes de 21 pouces soulignent la sportivité de la voiture sans prendre le dessus sur le reste. À l’arrière, on retrouve les caractéristiques de Porsche avec, par exemple, le bandeau noir horizontal qui traverse la poupe et qui intègre les feux. Le bouclier arrière et l’extracteur d’air restent sobres.

À l’intérieur de l’habitacle, ce qui saute aux yeux est la présence d’écrans tactiles sur toute la planche de bord pour remplacer les compteurs mais aussi les boutons. Le premier est placé derrière le volant. L’absence de casquette pour le protéger des reflets ne diminue pas la visibilité et lui donne un style épuré. L’instrumentation y est affichée dans trois cercles, hommage aux trois traditionnels compteurs des véhicules Porsche. Un second écran tactile placé en bas de la console centrale sert au contrôle de la climatisation. Enfin, et c’est sans doute le plus impressionnant, un long écran tactile démarre du centre de la planche de bord où y est affiché l’infodivertissement, et se termine devant la place du passager. Ce dernier peut choisir ce qu’il souhaite y afficher:la musique, la navigation ou même l’instrumentation commela vitesse et les forces G exercées sur le véhicule. On regrette juste les deux énormes porte-gobelets entre les deux sièges avant. Un contraste dans cet habitacle élégant et remarquablement bien fini.

Les sièges avant sont des semi-baquets en cuir. Ils maintiennent bien les passagers. La position de conduite est plus proche de celle d’une sportive que d’une berline.À l’arrière aussi deux semi-baquets sont incrustés dans la banquette. Les deux passagers latéraux y sont aussi bien installés qu’à l’avant avec suffisamment de place au niveau des jambes et de la tête. La Porsche Taycan s’annonce ainsi comme une auto familiale, pas une sportive radicale. Cependant, la place centrale arrière est étroite et peu confortable. Elle ne servira que d’appoint. Le volume du coffre arrière est convenable, surtout pour une berline coupée. Et si cela ne suffit pas, un second coffre est placé sous le capot comme sur une Porsche avec moteur à l’arrière.

De retour à l’avant, il est temps d’appuyer sur le seul bouton de la voiture, mis à part ceux des commandes au volant. Il s’agit du démarreur. Bien entendu, aucun bruit ne se fait entendre. Le petit levier de vitesse est discrètement placé sur le côté gauche du volant juste sous l’écran de l’instrumentation. Cette position est déroutante au début. Une fois qu’on l’a trouvé, on le positionne sur Drive et on démarre. Il faut se méfier au démarrage surtout si on est en mode Sport ou Sport Plus car avec le launch control ce sont 522 chevaux de puissance et 640 Newton-mètres de couple qui arrivent instantanément aux quatre roues.

Polyvalence

La Porsche Taycan est équipée de deux moteurs électriques, l’un sur l’essieu avant et l’autre sur l’essieu arrière. Elle dispose donc de la transmission intégrale. Lamotorisation électrique permet de n’avoir aucun moment de latence entre l’instant où l’on appuie sur la pédale et celui où la puissance est passée aux roues. Les accélérations sont dignes de Porsche avec un 0 à 100 kilomètres par heure en quatre secondes. Une fois le ‘launch control’ désactivé, on a tout de même 429 chevaux. Notons que l’essieu arrière dispose d’une boîte de vitessesà deux rapports, ce qui permet un meilleur rendement à haute vitesse. L’auto atteint les 250 kilomètres par heure.

Si les performances du moteur sont très bonnes, celles du châssis le sont tout autant. La voiture est relativement rigide. Même la direction est ferme, ce qui la rend plus sensible et précise au détriment du confort. La voiture vire à plat bien aidée par le centre de gravité bas grâce à la hauteur de 138 centimètres et aux batteries situées sous le plancher. En virage, la voiture est comme placée sur des rails. On se sent en sécurité à tout moment grâce aux quatre roues motrices et aux aides électroniques.

Porsche annonce une autonomie de 407 kilomètres. Pour atteindre une telle autonomie, il faudra opter pour le mode Range et activer le plus haut niveau de récupération d’énergie au freinage. Mais sur les routes mauriciennes, on devrait pouvoir rouler sans crainte même en mode Normal, Sport ou Sport Plus. Les plus pointilleux pourront régler la voiture à travers le mode Individual. Même la hauteur de caisse est réglable grâce à la suspension adaptative, il y a donc moins de risque d’abîmer les boucliers sur des ralentisseurs ou des nids-de-poule. Mis à part la faible visibilité arrière, il est difficile de trouver des défauts sur la route à la Porsche Taycan.

La Taycan 4S gagne le pari de rester une Porsche tout en adoptant une technologie inédite chez le constructeur allemand. La voiture se montre particulièrement polyvalente. Elle peut être utilisée aussi bien au quotidien pour se rendre au bureau que le week-end pour des balades plus sportives. Elle serait même adaptée au pilotage sur piste si Maurice disposait d’un circuit. Le plus gros défaut de la voiture reste son prix, notamment dans la version bien équipée que le Défi Moteurs a essayée. La Porsche Taycan 4S est disponible au Porsche Centre Mauritius à partir de Rs 7,785 millions. Notre modèle d’essai est facturé à Rs 9,219 millions.

Crédit photos : Fabien Dubessay

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