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Harley-Davidson quitte l’Inde, nouveau coup dur pour le “Make in India” de Modi

Le fabricant américain des mythiques motos Harley-Davidson a annoncé jeudi son départ de l’Inde, dernier constructeur étranger du secteur automobile en date à se retirer du pays.

Harley-Davidson précise dans un communiqué qu’il fermera son usine de montage de Bawal dans l’Haryana (Nord) et réduira la taille de sa succursale commerciale en Inde. Soixante-dix emplois seront supprimés.

Le fabricant, qui prévoit des coûts de restructuration supplémentaires de 75 millions de dollars, explique que sa décision de “stopper ses ventes et activités manufacturières en Inde” s’inscrit dans un plan de restructuration engagé en avril, intitulé “The Rewire” (le recâblage).

Créé en 1903, Harley-Davidson, qui compte au total environ 6.000 salariés, avait annoncé en juillet la suppression de 700 postes dans le cadre de ce plan. Outre l’impact immédiat de la maladie Covid-19 sur son chiffre d’affaires, ses ventes s’érodent depuis quelques années, notamment aux Etats-Unis, son principal marché.

En Inde, plus gros marché mondial de la moto, Harley-Davidson avait ouvert en juillet 2010 une succursale pour commercialiser ses deux-roues, avant de lancer son usine de montage en 2011.

Outre un ralentissement de la demande dans la troisième économie d’Asie avant même l’impact économique lié au nouveau coronavirus, le fabricant s’est heurté aux droits de douane indiens de 100% ainsi qu’à la concurrence de marques moins onéreuses, comme celle du fabricant local Hero MotoCorp ou du Japonais Honda Motorcycles.

En 2019, le président américain Donald Trump avait dénoncé ces droits de douane comme “inacceptables”. L’Inde a fini par les réduire de moitié, mais les pertes ont continué pour la marque américaine.

Son retrait porte un coup à la stratégie “Make in India” du Premier ministre Narendra Modi, qui veut voir les entreprises étrangères fabriquer localement.

D’autres constructeurs automobiles américains ont quitté l’Inde récemment. Ford Motor est parti en 2019, transférant ses activités locales à une coentreprise avec le constructeur indien Mahindra & Mahindra. General Motors a décidé en 2017 de fermer ses activités en Inde.

Le marché automobile indien est dominé par le constructeur japonais Suzuki, qui détient plus de 50% des ventes de voitures individuelles grâce à des véhicules bon marché.

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