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Rallye du Kenya : Retour en WRC loin de la légende du Rallye Safari

Après 19 ans d’absence, le Kenya revient au calendrier du Championnat du monde des rallyes (WRC) de jeudi à dimanche mais l’édition 2021 du Rallye Safari n’aura pas grand-chose à voir avec ce qui a fait sa légende.

Disputé pour la première fois en 1953 pour le couronnement de la reine Elisabeth II, le “Coronation Safari Rally” (devenu “Safari Rally” en 1975) est jusqu’aux années 1990 l’épreuve d’endurance par excellence, avec plus de 5000 km à parcourir en trois journées, de jour comme de nuit.

Dans des paysages de carte postale, dans la poussière en cas de sécheresse et dans la boue par temps de pluie, sur des pistes ouvertes à la circulation (attention aux “matatu”, les mini-bus locaux !) et sur lesquelles il n’est pas rare d’être surpris par des animaux…

En 1963, seuls sept concurrents arrivent au bout du “rallye le plus difficile du monde”, qui intègre le Championnat du monde en 1973 (et y restera jusqu’en 2002) et acquiert une aura comparable au Monte-Carlo ou aux 1000 lacs en Finlande.

Dans les premières années, les pilotes locaux dominent, à l’image de l’Ougando-Kényan “Shekhar” Mehta, vainqueur en 1973 puis de 1979 à 1982, ou du Kényan Joginder Singh, gagnant en 1974 et 1976. Mais, progressivement, le rallye se professionnalise et “s’européanise”.

– Du marathon au sprint –

Pour les grands noms de la discipline, il faut s’imposer dans la manche africaine. Le Suédois Bjorn Waldegard remporte en 1977 la première de ses quatre victoires (avec 1984, 1986 et 1990, son dernier succès en Mondial à l’âge “canonique” de 47 ans).

Gagneront ensuite les Finlandais Ari Vatanen (1983), Juha Kankkunen (1985, 1991, 1993), Hannu Mikkola (1987) et Tommi Mäkinen (1996, 2001), l’Italien Massimo “Miki” Biasion (1988, 1989), l’Espagnol Carlos Sainz (1992) ou encore le Britannique Colin McRae (1997, 1999, 2002).

C’est dans les années 90 que le format de la course commence à se rapprocher de celui des autres manches du Championnat du monde, plus sprint que marathon.

En 1989, le Rallye Safari est long de 4500 km. Dix en plus tard, la distance parcourue se stabilise autour de 1000 km chronométrés (contre 500 pour des rallyes plus classiques), avec des spéciales pouvant dépasser les 60 km.

Ian Duncan est le dernier Kényan à s’imposer en 1994.

– “Essayer de survivre” –

En 2003, l’épreuve sort du calendrier au profit de la Turquie (mais elle continue à se courir dans le cadre du Championnat d’Afrique des rallyes). Une décision déplorée par les puristes mais pas forcément par les équipes, tant y participer était coûteux, avec notamment des voitures développées spécialement.

Fruit de la volonté politique locale et de la stratégie de “mondialisation” du WRC (qui entend être présent sur tous les continents), le 27 septembre 2019, le retour du Rallye du Kenya au niveau mondial est annoncé pour la saison suivante (du 16 au 19 juillet 2020), mais la pandémie de coronavirus retarde les retrouvailles d’un an.

Avec 18 spéciales et 320,77 km chronométrés pour 816,71 km de liaisons, l’édition 2021, disputée dans la vallée du Grand Rift, autour des lacs Naivasha et Elmenteita, a un format similaire à celui des onze autres manches du calendrier.

Finies les voitures dédiées et les pistes ouvertes à la circulation. Restent les animaux qu’un dispositif spécifique (hélicoptère, voitures ouvreuses, gardes forestiers…) doit tenir éloignés des routes.

Le septuple champion du monde Sébastien Ogier s’attend tout de même “à ce que ce rallye soit différent de tout ce (qu’il) a fait jusque-là”. “Nous avons beaucoup entendu qu’il faut adapter nos objectifs: en WRC aujourd’hui, on repousse les limites tout le temps mais, au Kenya, il s’agira bien plus d’essayer de survivre sans problème”, anticipe le Français.

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