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Sécurité routière : Repenser le modèle mauricien des moto-écoles

Le problème concernant les jeunes motocyclistes est le manque de formation, selon Alan Ganoo, ministre du Transport et du Métro Express. « Si on pouvait les former correctement, il est clair qu’il n’y aurait pas autant d’accidents les concernant. Les moto-écoles n’ont pas fonctionné mais nous repensons à un modèle de formation pour les motocyclistes ainsi que pour les automobilistes », annonce-t-il.

« Le problème vient aussi du niveau des examens du permis de conduire, ainsi que de la formation des moniteurs et des examinateurs. La grande majorité des candidats au permis moto échouent à l’examen. J’ai proposé au Conseil des ministres un accord avec le Mauritius Institute of Training and Development (MITD) pour la formation continue des moniteurs. Environ 200 000 motocyclistes conduisent sans permis de conduire, avec uniquement le ‘learner’. Il a fallu rallonger le moratoire à 2023 pour que les 200 000 personnes concernées passent leur permis de conduire », affirme Alan Ganoo.

Barlen Munusami, auteur du « Guide complet du conducteur », pense que le projet de moto-école était viable, mais que son implémentation ne s’est pas bien faite, car pas adaptée au contexte local. « Il s’agissait d’un projet lucratif. On a dépensé beaucoup pour former les moniteurs, mais on ne les a pas laissé travailler à leur compte. De l’autre côté, on a fait investir de grosses sommes par les moto-écoles, mais on les obligeait à ne prendre que les moniteurs formés. Rozil Moto-école est la seule qui fonctionne encore, car il n’y a pas d’interdépendance entre ses moniteurs qui étaient déjà employés par la compagnie et elle », dit-il.

Il cite l’exemple des moniteurs d’auto-école « qui dispensent des formations pour passer l’examen, pas pour apprendre à conduire. Ils ne donnent pas de formation en conduite défensive, ils ne font que montrer à leurs élèves comment se passe l’examen. Le carnet d’apprentissage permettrait d’assurer que la formation couvre tous les aspects, comme la conduite de nuit et sous la pluie ainsi que la mécanique de base. Mais avant tout il faut une remise à niveau des moniteurs », clame-t-il.

« Les moto-écoles sont une bonne chose, mais elles ne sont pas magiques. En Malaisie où il y a 50 % de deux-roues motorisés avec des moto-écoles, le permis à point et de bonnes infrastructures, il y a tout de même 23 tués pour 100 000 habitants. Il y a beaucoup de choses à faire, mais il faut voir en profondeur », juge Alain Jeannot, l’ONG Prévention Routière Avant Tout (PRAT).

Alan Ganoo, Barlen Munusami et Alain Jeannot s’exprimaient ce mercredi 7 octobre 2020 lors de l’émission Au Cœur de l’Info de Radio Plus animée par les journalistes Eshan Dinally et Jane Lutchmaya. L’intégralité de cet article est à retrouver dans l’édition du Défi Quotidien de ce jeudi 8 octobre 2020.

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