Essai

Toyota Corona : la vie en jaune & vert

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Barlen Cavarree est l’heureux propriétaire de deux Corona qui figurent parmi les premières Toyota commercialisées dans l’île. Il a décliné des offres allant jusqu’à Rs 600 000 pour l’inciter à se séparer d’une des deux voitures qu’il a acquises voilà 37 ans.

Barlen Cavarree

Sur les hauteurs de Port-Louis, dans le Ward IV, Barlen Cavarree ne passe jamais inaperçu. Cela fait 37 ans que cet ancien chauffeur du service de voirie de la mairie de Port-Louis parcourt le quartier au volant de sa rutilante Toyota Corona de couleur verte. Cette RT40 de 1964, il se l’est offerte en 1980 pour la somme de Rs 20 000.

C’était une grosse somme à l’époque mais la voiture en valait la peine. Elle était en parfait état de marche et, cerise sur le gâteau, avait appartenu à un magistrat résidant à la rue Saint-Georges. Barlen avait alors dû se résigner à se séparer d’une Morris Minor. Malgré les Rs 8 000 obtenues lors de cette vente et quelques économies, un prêt avait été nécessaire pour réussir la transaction.

Toyota Corona

Durant toutes ces années, Barlen n’a sorti la voiture que les après-midis et les weekends, histoire de ne pas abîmer le moteur. Il l’a bien amenée au sommet de la montagne des Signaux et l’a sortie pour quelques mariages, mais ce n’est qu’après sa retraite qu’il l’a utilisée plus régulièrement.

Même si des amateurs de Toyota vintage lui ont proposé de folles sommes à plusieurs reprises pour qu’il leur abandonne sa Corona, Barlen refuse. Il a déjà décliné une offre de Rs 600 000 et ne peut s’empêcher de sourciller en apprenant qu’un particulier espère vendre un véhicule similaire à Rs 400 000. Pour lui, l’argent ne peut pas tout acheter.

Il y a une anecdote que l’ancien chauffeur de camion adore raconter : un ancien directeur de Beechand & Sons, aujourd’hui Toyota Mauritius, l’a arrêté pour lui raconter les soucis qu’il avait eus pour écouler la Corona. « Il m’a expliqué que les Mauriciens avaient une préférence pour les véhicules anglais et que la vente de la Corona n’a décollé qu’après qu’elle a servi comme taxi dans les villages », fait-il ressortir.

Toyota Corona

Fou amoureux de sa berline, Barlen s’est fait un devoir de retaper une épave qu’un ami lui a offerte voilà trois ans afin qu’il y prélève des pièces de rechange. Au lieu de cela, il a totalement reconstruit le tas de ferraille qui était devenu un « eyesore », à la rue Paul Toureau, à Vallée-des-Prêtres.

Ce projet lui a pris un an et il a bien été forcé d’utiliser ses talents de carrossier, de mécanicien et d’électricien. Il a dû écumer l’île pour mettre la main sur des pièces de rechange stockées chez des particuliers pour la remettre sur route. La voiture terminée, il l’a repeinte en jaune canari et s’en sert désormais en alternance à la verte.

Toyota Corona

Si vous ouvrez le capot, la vue du moteur peut confirmer tout le soin que Barlen apporte à ses véhicules. Tout est nickel. Les voitures ne sont pas non plus laissées à l’air libre, ce qui explique pourquoi sa première voiture est en aussi bon état. Il s’est risqué à installer un système audio moderne dans ses deux Corona mais cela ne gâche en rien leur charme.

Située en dessous de la Crown et au-dessus de la compacte Corolla, la Corona est une berline moyenne qui a débuté sa carrière en 1957. Elle deviendra progressivement la Carina avant d’être rebaptisée Allion et Premio au Japon. Un total de onze générations ont vu le jour et la RT40 fait partie de la quatrième génération. La deuxième génération s’inspire de l’Opel Record de 1957 et a même eu droit à un moteur de 1,9 litre.

La troisième version sera déclinée en coupé, en break de trois et cinq portes et même en pick-up. Equipée d’un moteur de 1,5 litre de 74 chevaux pour sa version de base, elle sera un best-seller au Japon. En 1966, 166 000 sont écoulées, contre 160 000 pour la nouvelle Corolla. De 10 000 modèles écoulés en 1964, le chiffre a grimpé à 80 000 trois ans plus tard.

Pour la petite histoire, cette Corona lancée un mois avant les Jeux Olympiques de Tokyo a été dessinée par le designer de renom Battista Farina, lequel prendra ensuite le nom de Battista Pininfarina. Elle filait à 140 km/h et sa principale rivale, un an plus tard, a été la Nissan Bluebird.

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