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Ugo Sidnez de Saint Michel, COO de Bamyris Motors : « Une vraie culture de l’automobile à Maurice »

Trois ans après sa création à Maurice, Bamyris Motors a déménagé de Pailles pour s’installer dans deux nouveaux showrooms à la Bagatelle Motor City. La compagnie est une filiale du groupe GBH, fondé en 1960 en Martinique, territoire français dans les Caraïbes. Ugo Sidnez de Saint Michel, Chief Operating Officer (COO) de Bamyris Motors, fait, dans cette interview, le bilan de ces trois premières années de présence sur le marché mauricien.

Bamyris a investi dans deux nouveaux showrooms à Maurice. Ces investissements ne sont-ils pas risqués en cette période économiquement incertaine ?

Nous avons la chance de représenter deux marques automobiles très fortes, et nous devons ainsi penser sur le long terme. Il est vrai que cette période d’incertitude économique que nous traversons actuellement n’est pas des plus propices pour investir dans de nouveaux showrooms. Ce qui est aussi vrai, c’est que le meilleur moyen de ne pas réussir aurait été de ne pas le faire. Par ailleurs, les Mauriciens ont toujours fait confiance au constructeur Hyundai. Nous nous devions donc de leur apporter des infrastructures dignes de la réputation de cette marque. Quant à Volvo, nous ne pouvions imaginer la représenter ailleurs que dans un showroom exclusif et aux derniers standards.

Quel bilan tirez-vous des performances de Bamyris Motors depuis sa création à Maurice ?

Nous sommes très satisfaits des résultats de Bamyris Motors depuis sa création. Ils sont exactement à la hauteur de nos prévisions. En trois ans, nous avons traversé trois étapes aussi importantes que nécessaires. Premièrement, il y a eu la reprise de la marque Hyundai, avec notamment un nouveau stock à constituer entièrement. Puis, nous avons repris la marque Volvo, avec l’aménagement d’un petit espace d’exposition dans le même bâtiment à Pailles. Et enfin, la construction des nouveaux showrooms à Bagatelle, dont la livraison marque le réel coup d’envoi de Bamyris Motors. C’est l’aboutissement de trois ans de travaux préparatoires, une période transitoire au cours de laquelle ni la rentabilité ni les volumes de ventes n’étaient la finalité. L’objectif était de préparer notre outil de travail pour les 20 ans à venir.

Pourquoi avoir choisi le petit et concurrentiel marché mauricien ?

Dans l’océan Indien, nous sommes déjà présents dans de nombreux secteurs, y compris l’automobile, avec 12 marques (Hyundai, Jeep, Renault, Dacia, Audi, Volkswagen, Mercedes, Suzuki, Mitsubishi, Skoda, Smart, et maintenant Volvo). Nous ne considérons pas vraiment que le marché mauricien soit « petit », comparativement à certaines zones géographiques dans lesquelles notre groupe est implanté. À Maurice, nous avons une vraie culture de l’automobile, et la taille du marché ne se limite pas qu’aux voitures neuves. Le marché des véhicules reconditionnés est égal en volume à celui des véhicules neufs. Les Mauriciens sont très exigeants, et ils ont bien raison. Cette féroce compétitivité mauricienne nous passionne et nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes. Aujourd’hui, nous sommes fiers de pouvoir affirmer que nous ne craignons aucune comparaison. Mieux, nous incitons notre clientèle à comparer chaque prix, chaque équipement, chaque prestation d’entretien avant de nous choisir.

Comment se porte le marché mauricien en 2021 ?

Grâce aux « duty rebates » octroyés par le gouvernement, le premier semestre a été globalement bon pour l’ensemble des acteurs économiques de l’automobile. Bamyris Motors, comme d’autres distributeurs, a souffert d’un manque d’approvisionnement durant cette période, qui se résorbe à l’heure où nous sommes en train de parler. En ce qui concerne la suite de l’année, il serait bien hasardeux de faire des pronostics sûrs. Cependant, avec l’ouverture des frontières annoncée au 1er octobre, nous pouvons être optimistes.

Pourquoi Bamyris Motors a-t-il choisi les marques Hyundai et Volvo ?

Hyundai, parce que c’est la marque coréenne numéro 1 au monde. C’est également la marque championne dans l’univers du rallye pour la deuxième fois consécutive. C’est donc une valeur sûre dont la réputation n’est plus à faire. J’ai moi-même travaillé pour cette marque à plusieurs reprises durant ma carrière, y compris à la maison mère et dans les bureaux de recherche et développement, à Séoul (en Corée du Sud). Son histoire est extrêmement riche, de sa création au sauvetage de la marque Kia de la faillite, que Hyundai a rachetée en 1999 pour en faire sa marque d’entrée de gamme, en passant par ses victoires en compétition. Volvo, parce que cette marque apporte un vent de nouveauté et de fraîcheur dans le paysage automobile premium mauricien. Et nous pouvons vraiment parler de fraîcheur, puisque c’est la marque automobile haut de gamme suédoise. Les qualités dynamiques sont exceptionnelles, avec des motorisations de plus de 400 chevaux pour des consommations de carburant inférieures à 4 litres aux 100 kilomètres. Cela se passe de commentaires, tout comme le niveau de sécurité garanti à bord d’une Volvo. Ce serait trop long d’énumérer tous les équipements de sécurité d’une Volvo. Je ne peux que vous proposer de les découvrir en concession.

N’est-ce pas difficile pour Volvo de faire sa place à Maurice dans le segment premium ?

Sincèrement non. Nous parlions, il y a un instant, des risques que Bamyris avait pris en construisant deux nouveaux showrooms. Nous étions sûrs d’une chose, Volvo a beaucoup de potentiel. Et cette marque a rapidement pris sa place à Maurice. Il y a eu un réel engouement. Jusqu’à aujourd’hui, le vrai haut de gamme mauricien se limitait principalement aux trois marques allemandes. Mais en réalité, c’était aussi par manque de choix. Les Mauriciens voient de plus en plus de Volvo sur les routes car beaucoup préfèrent le haut de gamme qui ne tape pas à l’œil. C’est donc la marque elle-même qui se fait une place, par la qualité de ses produits. Nous ne concurrencerons jamais ces marques allemandes en termes de volumes, pour la simple et bonne raison que les capacités de production de Volvo sont moins grandes. Nous ne pourrons donc offrir aux Mauriciens que ce que le constructeur peut nous fournir. La tendance des ventes de Volvo à Maurice est aux alentours d’une centaine de véhicules par an, que nous approcherons dès 2021.

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