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“Un grand pas en avant pour la F1 en Chine”, relève Zhou, premier Chinois en F1

“La F1 s’est déjà développée ces dernières années en Chine, mais avec mon arrivée, bien sûr, elle fait un grand pas en avant”, affirme Zhou Guanyu, 22 ans, devenu le premier pilote chinois en Formule 1, dans un entretien à l’AFP.

Rejoindre la F1 est un “rêve” réalisé après “de nombreux sacrifices”, explique le pilote Alfa Romeo à l’occasion des essais hivernaux à Barcelone.

QUESTION: Réalisez-vous votre rêve d’enfant ?

REPONSE: “A 8 ans, j’ai commencé à courir, en karting, et ensuite à 10 ou 11 ans, j’ai eu ce rêve en voyant plusieurs fois le Grand Prix de Chine (au calendrier depuis 2004, NDLR), je me suis dit que je voulais vraiment être comme eux un jour, piloter une Formule 1. Avant tout c’était un rêve plus qu’un objectif, parce qu’à cette époque c’était trop lointain”.

Q: Justement, quand on est Chinois, comment fait-on pour devenir pilote de haut niveau ?

R: “Je suis parti de Chine. J’avais passé trois ou quatre ans à participer à des courses à domicile. Après, quand vous avez gagné pratiquement toutes les catégories dans votre pays, la seule façon d’avancer est d’aller en Europe. L’Europe et le Royaume-Uni, c’est le berceau du sport auto. Le niveau des pilotes est beaucoup plus élevé, les équipes plus professionnelles. Il est donc très important d’y aller, pour courir contre les meilleurs, car vous pouvez être plusieurs fois champion chez vous, mais cela ne fait pas de vous un pilote de F1. Si vous ne rivalisez pas ou ne battez pas les pilotes européens, alors vous n’allez pas faire votre chemin”.

Q: Il y a eu deux Chinois pilotes de réserve en F1 mais vous allez être le premier titulaire, au départ d’un Grand Prix, dès le 20 mars à Bahreïn. Pourquoi n’est-ce pas arrivé avant ?

R: “C’est super difficile pour nous d’aller en Europe. Et une fois là-bas, vous êtes encore enfant mais vous y passez la plupart de votre vie. C’est très difficile parce que la culture est tellement différente. Ensuite il y a beaucoup de Chinois qui ont gravi les échelons, en Formule 3, Formule 2, mais pour être en F1, vous devez montrer votre potentiel dans chaque catégorie. C’est difficile de trouver la bonne voie, de se pousser à faire des sacrifices. J’ai sacrifié pas mal de choses pour devenir un meilleur pilote. Après, en commençant à gagner dans les championnats inférieurs, c’est là que j’ai vraiment senti que le rêve pouvait se réaliser. Mais le niveau des pilotes est tellement élevé et les places très limitées. Ce que je devais faire, c’était de finir dans le Top 3 en F2, pour m’ouvrir des opportunités”.

Q: Pensez-vous que votre arrivée va permettre à la F1 de se développer en Chine ?

R: “La F1 était déjà en pleine croissance ces dernières années sans que j’y sois, mais avec mon arrivée, bien sûr, c’est un énorme pas en avant. A l’avenir, j’espère vraiment qu’il y aura plus de gens qui la regarderont, et pas seulement les fans de sport automobile”.

Q: Avez-vous de nombreux fans ?

R: “Oui c’est sûr. Les premiers ont commencé à me suivre de près depuis mes catégories junior. Certains fans, je connais leurs noms, leurs pseudos sur les réseaux. Et bien sûr, il y a beaucoup de nouveaux fans depuis que j’ai signé un contrat en F1. Je pense qu’il y aura beaucoup de gens qui regarderont les courses à la maison cette saison. Et puis, de mon côté, j’attends vraiment de courir devant eux un jour (le GP de Shanghai, annulé en raison de la pandémie depuis 2020, reviendra en 2023, NDLR). L’atmosphère sera incroyable. Dans ma vie, je n’ai jamais vraiment couru à la maison. Et pourtant, il y a des fans qui viennent me soutenir, qui crient votre nom en chinois en Europe. C’est toujours un sentiment spécial”.

Q: Aviez-vous une idole de jeunesse ?

R: “Fernando Alonso. C’était mon idole quand j’étais très jeune, avant qu’il ne quitte la F1 pour deux années (2019, 2020). C’est pour ça que je tenais son drapeau, aux couleurs de sa voiture Renault à l’époque, parce que je l’aimais bien, je l’admirais (une photo de Zhou enfant en atteste sur internet, NDLR). L’année dernière, j’ai passé beaucoup de temps avec lui (comme membre de la filière de pilotes Alpine, l’écurie de l’Espagnol, NDLR). C’était très agréable, et assez fou et difficile à imaginer”.

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