News

Vente de voitures : De faux vendeurs volent plusieurs dizaines de milliers de roupies

Une Toyota Vitz pour à peine Rs 130 000 au lieu de Rs 400 000 environ, c’est tentant quand on a besoin de changer de voiture mais qu’on a un petit budget. Si vous avez récemment recherché une voiture de seconde main sur les sites de petites annonces, vous êtes peut-être tombé sur l’une de ces offres fortes alléchantes. Il s’agit bien parfois d’escroquerie. Le Défi Moteurs a enquêté sur ce phénomène.

Les sites internet de petites annonces locales et les pages spécialisées sur les réseaux sociaux sont nombreux. On y trouve des centaines de voitures de seconde main à vendre à tous les prix. Tous les potentiels clients recherchent la bonne affaire. Le Défi Moteurs a parcouru de nombreuses annonces. La très grande majorité est authentique, mais certaines sont des arnaques.

Prenons d’abord l’exemple de ce Honda CR-V de 2012 proposé à seulement Rs 150 000 alors qu’il en vaut environ Rs 400 000. Le SUV afficherait 63 000 km au compteur. L’affaire semble trop bonne pour être vraie. Premier point qui montre qu’il s’agit certainement d’une arnaque est l’absence de réponse quand on appelle le numéro de téléphone affiché. L’escroc veut être contacté par écrit, c’est pourquoi il publie une adresse email. Nous envoyons un message.

Le lendemain le vendeur répond avec un long message dans un français approximatif répétant les informations de l’annonce et avec de nombreux autres détails. Fait troublant qui doit mettre la puce à l’oreille de l’acheteur : l’interlocuteur prétend avoir déjà déménagé aux Pays-Bas. « Avant tout déplacement j’ai confié ma voiture à un collègue à Grand Bois qui a la procuration de la vente et se chargera de vous rencontrer pour finaliser la vente. Je ne la vends pas pour de l’argent car elle vaut plus que cela. Mon collègue viendra donc vous livrer le véhicule avec tous ses papiers à jour et en ordre, à savoir : la carte grise, horse power, l’assurance, le certificat de fitness et l’original de ma carte d’identité », peut-on lire dans le message. L’email se termine par un formulaire dans lequel l’escroc demande le nom, le prénom, le numéro de téléphone et l’adresse de l’acheteur. Nous répondons en demandant une copie du document « horse power ». L’escroc n’est jamais revenu vers nous.

Une seconde annonce attire notre attention. Il s’agit d’une Toyota Vitz de 2014 proposée à Rs 130 000. Nous envoyons un email au faux vendeur. Le message que nous recevons en réponse suffit de nous convaincre de la supercherie. En effet, il s’agit exactement du même texte que le message concernant le Honda CR-V. Seuls les détails de la voiture évoluent, mais le reste est strictement identique. Soit l’escroc est le même, soit il partage le même mode opératoire que le premier. Là aussi le soi-disant vendeur prétend être aux Pays-Bas alors que le véhicule se trouverait à Grand Bois. Nous décidons de remplir le formulaire avec de fausses informations. Seul notre numéro de téléphone et notre adresse sont vrais afin de ne pas compromettre un éventuel rendez-vous.

Le lendemain nous recevons un email avec les procédures à enclencher pour la vente. Désormais il est question d’argent. Le présumé escroc affirme que son collègue a confirmé le rendez-vous pour le jour suivant. Puis il explique avec moult détails comment effectuer le paiement via le service le transfert de fonds international MoneyGram. Il demande que le transfert soit fait avant le rendez-vous prétextant qu’il ne pourra pas toucher l’argent tant que nous ne lui aurons pas communiqué un code secret. Bien entendu nous n’avons pas effectué le transfert et le fameux collègue n’est jamais venu au rendez-vous.

Quelques cas à Maurice

Malheureusement, des Mauriciens tombent parfois dans le piège des escrocs. C’est le cas de cette femme qui a perdu Rs 70 000 en novembre 2017 dans une arnaque à la vente de voiture en ligne. Comme le Défi Media l’a rapporté, cette habitante Grand-Gaube répondu à une annonce pour une Honda de seconde main affichée à Rs 140 000. Le vendeur l’a convaincue d’effectuer le transfert de Rs 70 000 via MoneyGram. La jeune femme lui a alors envoyé une photo du reçu de transfert. Malgré le prétendu code secret, l’escroc a touché les Rs 70 000 et la victime n’a jamais vu la voiture.

L’enquêteur de la Cybercrime Unit, Pravesh Behari, confirme que quelques cas ont été signalés à Maurice. « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour recouvrer l’argent, mais l’enquête devient plus compliquée quand l’arnaque provient l’étranger. Dans un cas précis, un homme a vu une annonce d’un 4X4 à Rs 100 000 qui est un prix dérisoire pour ce modèle d’année récente sur un faux site qui comprenait des détails associés faisant croire que l’annonce est locale. La victime a contacté le faux vendeur via l’adresse email fournie. L’arnaqueur lui fait croire qu’il est en Allemagne pour demander le paiement via un service de transfert de fonds, tout en lui faisant croire qu’il était récemment à Maurice. Il lui indique qu’un chauffeur se chargera de prendre contact avec lui. Lorsque la victime a appelé le numéro de ce chauffeur, l’interlocuteur lui a répondu en français. Plus tard, la victime a reçu des copies des documents de la voiture qui se sont avérés plus tard être faux. Cela l’a rassuré et il a fait la transaction pour réserver la voiture alors qu’il ne l’avait vue qu’en photo. Il reçoit alors un code secret avec son transfert et l’escroc rassure la victime en lui disant que sans ce code le transfert ne peut pas être effectué. L’escroc fait alors preuve d’ingéniosité et envoie un lien vers un faux site du service de transfert de fonds où la victime doit donner le code pour accéder aux informations sur la transaction. Le site affiche une fausse information indiquant l’état de la transaction. C’est ainsi que l’escroc récupère le code et peut ainsi toucher l’argent. Ce n’est qu’après que la victime s’est rendue compte qu’il s’agissait d’une escroquerie », détaille l’enquêteur.

Pravesh Behari conseille de ne jamais effectuer de paiement sans avoir vu la voiture et le vendeur physiquement. Il ajoute qu’en cas de doute, il est possible de contacter les autorités concernées comme la Cybercrime Unit. Au cas où l’arnaqueur se fait passer pour un revendeur local de voitures reconditionnées, la victime peut contacter le ministère du Commerce ou le Registrar of Companies pour vérifier que c’est bien un revendeur agréé.

Pas un mode de paiement

La Mauritius Commercial Bank (MCB) qui représente MoneyGram à Maurice, n’a pas souhaité répondre à nos questions. Cependant, sur son site internet, MoneyGram évoque les arnaques à la vente de voiture en ligne. « N’envoyez pas d’argent pour le véhicule au vendeur ou à un responsable des paiements. L’escroc peut tenter de vous convaincre de payer via MoneyGram pour se soustraire à la taxe sur les ventes et obtenir un bon prix. Il peut même vous envoyer une lettre ou un courrier électronique d’authentification vous disant que vous avez acheté le véhicule, mais que vous devez d’abord virer les fonds pour être livré. Vous ne recevrez pas de voiture ou de camion. Une fois que l’argent est viré et réceptionné, il ne peut plus être récupéré et, malheureusement, vous aurez perdu l’agent que vous avez transféré », prévient MoneyGram. L’entreprise précise que son service n’est pas un système de paiement. Il ne doit servir qu’au transfert d’argent vers une personne de confiance. MoneyGram déconseille de transférer de l’argent à un inconnu.

Show More
Ceci peut vous intéresser
Close
Back to top button