Malgré les efforts soutenus du gouvernement pour moderniser l’industrie du transport en commun, force est de constater que la réticence persiste au niveau des opérateurs. éclairage sur les raisons qui font obstacle à ce projet vieux de dix ans ainsi que sur les mesures qui pourraient aider à enfin en faire une réalité.
Le confort des usagers du transport en commun devient un enjeu de plus en plus important. Les différents gouvernements qui se sont succédé au cours de ces dix dernières années ont, à tour de rôle, fait une série de promesses afin d’offrir aux milliers d’utilisateurs au quotidien un confort accru.
Les autorités se sont aussi engagées à soutenir financièrement les opérateurs du secteur du transport afin que ceux-ci renouvellent sur une base plus régulière leur flotte d’autobus. Rien que pour l’année écoulée, Rs 131 millions ont été décaissées pour permettre aux opérateurs d’autobus d’acquérir 131 autobus ‘semi-low floor’, à travers la National Transport Authority (NTA). Selon le dernier rapport du Build Mauritius Fund (BMF), le gouvernement avait introduit le Bus Replacement Mechanism, qui fait provision d’une subvention de Rs 1 million, pour chaque achat de ‘semi-low floor buses’.
Toutefois malgré les dispositions financières prises par le gouvernement, force est de constater que ce projet de renouvellement des autobus se heurte à la réticence des opérateurs. Ce fait a d’ailleurs été confirmé par les experts de PricewaterhouseCoopers India, dont les services ont été retenus l’année dernière par le ministère des Infrastructures publiques afin de réaliser une étude complète du secteur du transport à Maurice.
Dans un Executive Summary remis au ministère en avril, les experts soulignent notamment la lenteur des opérateurs d’autobus individuels. « Slow to modernize fleet among individual operators », peut-on lire dans ce rapport, qui reconnaît aussi les initiatives prises par le gouvernement pour faire de ce projet une réalité.
Les consultants sont arrivés à la conclusion que l’industrie du transport en commun n’est pas profitable. Ils sont d’avis que plusieurs des opérateurs ne sont pas en mesure d’absorber des coûts additionnels « while government provides financial support to the industry through multiple subsidy schemes to accommodate significant increase ».
Le rapport conclut que l’actuelle subvention gouvernementale, n’aidera en rien à améliorer l’efficacité des opérateurs : « The current subsidy support mechanism is not linked to improving operational efficiency by operators thereby not affecting the existing opera. »
Face à un tel constat, PwC India suggère une série de recommandations. La plus drastique : l’annulation de l’actuel Bus Modernization Scheme. Les consultants proposent en contrepartie la création d’une Bus Leasing Company financée par le gouvernement mauricien. La mise en application d’une telle mesure devrait, selon les experts, permettre aux opérateurs de réaliser des économies de Rs 94,5 millions et permettra parallèlement de créer des emplois. Ce nouveau système de financement représenterait un « one-time investment » pour le gouvernement, et parallèlement, les opérateurs n’auraient pas à procéder à des « upfront investments ».


