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Des 24h du Mans au tout-électrique, Jaguar toutes griffes dehors

Symboles du luxe britannique, victorieuses aux 24h du Mans et souvent à la pointe de l’innovation: les voitures Jaguar n’ont eu de cesse de faire rêver depuis des décennies. La marque se voit désormais un avenir en vert.

Le groupe Jaguar Land Rover veut faire de Jaguar une marque tout-électrique à partir de 2025, afin d’accompagner la transition énergétique de ce fleuron de l’industrie automobile britannique.

Bientôt un siècle d’histoire –

“La grâce, la vitesse et l’espace” (grace, pace and space): avec cet ancien slogan “Jaguar a donné une version très britannique du style automobile”, explique à l’AFP Peter Wells, professeur à l’Université de Cardiff.

Marque prisée des entrepreneurs ou des “gentlemen farmers”, puis des footballeurs et autres célébrités, elle est synonyme de luxe depuis le début de XXe siècle.

Créé en 1922 sous le nom de SS pour Swallow Sidecar, la marque lance sa première voiture en 1935, puis change de nom après la guerre en 1945 pour devenir Jaguar, un nom qui veut refléter une élégance “féline” des modèles.

Le groupe est né à Blackpool (nord-ouest de l’Angleterre) mais s’établit à la fin des années 1920 à Coventry dans la région des Midlands (centre), berceau de l’industrie automobile britannique.

La marque est rachetée par le groupe British Motor Corporation jusqu’à sa nationalisation en 1975.

Jaguar retrouve son indépendance avec une introduction en Bourse en 1984 à la faveur de la vague de privatisations du gouvernement conservateur de Margaret Thatcher.

Puis vient l’époque des propriétaires étrangers.

Le rachat en 1989 par l’américain Ford sera un échec. Les deux marques britanniques, avec Land Rover, font perdre de l’argent à l’américain qui décide en 2004 de fermer l’usine historique Jaguar de Coventry.

Ford se résout à céder la marque au conglomérat indien Tata en 2008, qui crée le groupe Jaguar Land Rover.

La marque entame une renaissance dans les années 2010 après des décennies plus sombres.

“Jaguar a réussi à revitaliser, mais n’a pas encore atteint les volumes et la rentabilité désirés”, selon M. Wells. “Il est possible que son âge d’or soit du passé, mais c’est le cas de presque toutes les marques automobiles”.

Des circuits et des prix

Dans les années 1960, la marque sort la légendaire Jaguar “type E” qui a été élue au début des années 2000 la plus belle voiture du siècle par plusieurs centaines d’experts en automobile consultés par le magazine spécialisé britannique Autocar.

L’élégant coupé britannique, réputé pour son interminable capot et ses formes arrondies, devance alors les mythiques Lamborghini Miura et Ferrari GT SWB.

Jaguar acquiert en outre une renommée internationale grâce à sa voiture de compétition Jaguar C-type.

Ce bolide atteint la consécration en gagnant les 24h du Mans en 1951 et en 1953, cette année-là grâce notamment à des systèmes modernes de freins à disque.

La marque remporte au total sept succès, dont le dernier en 1990.

En revanche, l’aventure de Jaguar en Formule 1 tournera court. Après avoir fait une entrée remarquée dans les paddocks en 2000, avec de grandes ambitions, l’équipe ne cesse de décevoir et Ford la vend en 2004 à Red Bull.

Une renaissance électrique?

Comme l’ensemble du secteur, Jaguar a été touché de plein fouet par la crise sanitaire en 2020, avec des ventes en chute de 36,6% à 102.494 unités.

L’avenir passe désormais par le tout-électrique pour la marque, qui a fait des SUV l’un de ses points forts depuis le rachat par Tata.

Son I-Pace est par exemple déjà un des véhicules électriques les plus vendus en Europe.

Le virage électrique n’est pas encore un pari gagné, avertit M. Wells. Il estime même que Jaguar Land Rover est “en retard d’au moins cinq ans” par rapport des concurrents comme Volvo.

En outre, le patron de Jaguar Land Rover, Thierry Bolloré, a reconnu que sa gamme de modèles sera plus réduite. Tous les modèles légendaires de Jaguar n’auront pas un avenir électrique.

Une version électrique de la célèbre Jaguar XJ n’est d’ailleurs pas au programme.

Cette imposante berline, longtemps l’un des modèles les plus emblématiques de marque, “semble avoir un avenir limité en dehors du très haut de gamme”, selon M. Wells.

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