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Shahanara Motala : Motarde à plein temps

Une moto, ce n’est plus qu’une affaire d’hommes de nos jours. Les femmes sont tout autant attirées par elle. Non seulement pour rouler, mais aussi pour en faire un métier. Mécanicienne, tuneuse ou encore vulcanisatrice, il y en pour tous les goûts et aspirations. Nous avons rencontré Shahanara Motala qui, bercée depuis son jeune âge dans ce domaine, s’est lancée dans la vulcanisation.

Shahanara Motala n’est pas une inconnue sur les circuits de moto à Maurice. La jeune femme n’a pas hésité une seconde pour faire ses armes dans ce monde dit réservé aux hommes. Spécialiste en réparation des pneus, cette habitante de Beau-Bassin fait ce métier depuis déjà 11 ans. Elle prend plaisir de « guérir » les motos et ne cache pas sa fierté d’avoir brisé un mythe. Shahanara exerce son métier de vulcanisatrice sans aucun complexe.

À 27 ans, Shahanara Motala travaille aux côtés de son père, Osman qui tient un atelier de vulcanisation à rue Sir Virgil Naz, Port-Louis. Pour la jeune femme, Osman, son modèle et sa source d’inspiration, est « docteur des pneus ». « Papa a travaillé dans une usine des pneus. Petit à petit, il a construit son atelier dans le centre-ville. L’atelier où lui et moi travaillons existe maintenant depuis plus de 40 ans », indique-t-elle avec fierté.

Comment s’est-elle retrouvée dans ce domaine ? « Toujours grâce à mon père, dit-elle. Je passais mon temps à l’observer en train de réparer les pneus. J’étais fascinée par ce qu’il faisait et, après mes études, j’ai finalement opté pour ce métier qui est souvent réservé aux hommes », lance-t-elle.

Sa famille lui est d’un grand soutien. Ses sœurs aînées, Sooraiya et Shagufta, et ses petits frères cadets, Soulaymaan et Zahi, l’ont toujours encouragée. Si pour l’instant, Shahanara est la seule pilote de course automobile dans sa famille, elle nous apprend qu’une de ses sœurs est aussi attirée par ce monde de la vitesse.

Mais la passion pour la moto, elle l’a développée en voyant ses cousins participer aux courses de motos sur le parking de Shoprite, aujourd’hui LA City Trianon. « J’étais petite, mais je me rappelle très bien que j’allais tout le temps les voir, je rêvais d’être à leur place », confie-t-elle.

D’ailleurs, Shahanara est une pilote de course automobile qui très connue sur les circuits de rallye. Elle a participé à plusieurs championnats organisés par le club B1 Racing Team et le Motoclub. En 2016, la jeune femme s’était présentée à son premier championnat. Elle a terminé en 3e position à deux reprises.

Un couple amoureux d’automobile

Shahanara et Zaheer sont ensemble depuis quatre ans. Non seulement, son compagnon de route l’encourage à aller de l’avant avec ses projets, mais le jeune homme est aussi pilote. « On a fait connaissance dans un Tuning Show. On s’encourageait mutuellement lors des slaloms et courses de moto. J’ai été sa copilote en slalom et en championnat à plusieurs reprises. Il me comprend et me soutient à fond », lance-t-elle.

Tout comme on n’oublie jamais son premier amour, Shahanara n’oubliera jamais sa première moto sur laquelle elle a débuté son parcours de motarde. « C’était une scooter CPI 50cc », dit la jeune femme. Depuis, elle n’a pas cessé de parfaire ses techniques de conduite. « C’est d’ailleurs sur cette même moto que j’ai débuté mes courses à Anjalay », explique-t-elle.

Shahanara confie qu’au début, ses parents n’étaient pas tout à fait d’accord avec l’idée que leur fille fasse de la moto. « Quand j’ai décidé de participer aux courses, ils ont accepté et ma mère était venue me soutenir pour ma première course. C’était l’une des meilleures choses qui me soit arrivées », raconte-t-elle.

Désormais, Shahanara consacre son temps dans l’atelier de son papa où elle s’adonne au métier de son rêve. « J’ai réussi à vivre ma passion en participant à plusieurs courses en peu de temps ». Même si ce n’est jamais assez, pour l’instant Shahanara dit qu’elle a « d’autres priorités ».

La jeune motarde rêve d’un Royal Enfield ou d’une Harley Davidson. « Ces motos ne sont pas comme les autres. Non seulement, elles sont classiques et antiques, mais elles ont aussi leur propre histoire », indique-t-elle.

Ne jamais se sous-estimer

Si certains, surtout de la gent masculine, se montrent avenant envers les femmes motards, Shahanara révèle qu’il y a d’autres qui n’arrêtent pas critiquer et lui mettre des bâtons dans les roues. « Je ne me suis jamais préoccupée de ce que les autres pensent de moi. Je ne vois rien de mal dans ce que je fais. Mes parents m’encouragent à entretenir ma passion et c’est tout qui compte pour moi », indique-t-elle.

D’ailleurs, Shahanara encourage les autres filles qui sont intéressées par la moto de ne pas avoir peur des jugements des autres, car « cela vous éloigne de vos rêves ». « Faites ce que vous aimez, même si c’est juste pour une journée, faites-le. Si vous avez besoin d’un petit coup de pouce, vous pouvez me contacter. Ne vous sous-estimez jamais », conclut Shahanara.

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