Les automobilistes sont frileux à l’idée d’acheter une nouvelle voiture

La crise sanitaire et ses conséquences économiques ont un effet dévastateur sur le marché automobile, qui affiche cette année une baisse historique mondiale de 17%. L’année prochaine ne devrait pas être bien meilleure, les intentions d’achats étant revues à la baisse.
Selon l’Observatoire Cetelem de l’automobile 2021, il ne devrait se vendre dans le monde qu’un peu plus de 56 millions de voitures neuves en 2020, contre près de 67,5 millions l’an passé, soit une baisse annoncée de 17%. En France, 2 millions de voitures neuves devraient s’écouler cette année, soit une baisse attendue de 27% en un an. Pour Flavien Neuvy, directeur de L’Observatoire Cetelem, ces chiffres sont historiques : “on revient à des chiffres de ventes d’il y a 40 ans”. Et les prévisions ne sont pas brillantes pour 2021 même si ce sera difficile de faire pire.
Les prévisions d’achat de voitures sont sans surprise en baisse dans tous les pays sondés, crise sanitaire et économique oblige. Si encore un Turc ou un Brésilien sur deux pense acheter une nouvelle voiture dans les 12 mois qui viennent, seulement 32% de l’ensemble des personnes interrogées y songent. En France, cette proportion n’est que de 26%, contre 36% un an auparavant. Selon Flavien Neuvy, la crise de la Covid-19 a clairement modifié la donne pour l’année prochaine : “la crise a généré de l’attentisme, les gens sont prudents et ont donc repoussé à plus tard l’achat d’une voiture”.
Côté budget, les résultats sont très partagés. Les pays émergents apparaissent comme les plus dépensiers, ainsi que les États‑Unis, le Royaume‑Uni et le Japon. À l’inverse, le budget automobile s’inscrira à la baisse dans les pays latins, notamment en Italie et en Espagne. En France, cette tendance est un peu moins prononcée, avec 32% des sondés qui estiment que leur budget consacré à l’achat d’une nouvelle voiture sera en baisse, contre 24% qui au contraire pensent qu’il sera en hausse. Pour Flavien Neuvy, l’acte d’achat automobile demeure avant tout un plaisir et le budget qui y sera consacré ne devrait finalement pas trop être impacté par les conséquences de la pandémie.
Cette étude a été réalisée en ligne par Harris Interactive, du 2 au 11 septembre 2020 dans 15 pays : Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, Brésil, Chine, Espagne, États-Unis, France, Italie, Japon, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni et Turquie. Au total, 10000 personnes âgées de 18 à 65 ans ont été interrogées (environ 3000 en France et 500 dans chacun des autres pays).
